Vestiaire en entreprise : quelle surface et quelles dimensions prévoir ?
Le code du travail impose un local de « surface convenable » pour les vestiaires collectifs, mais ne fixe aucune surface minimale chiffrée. La référence pratique utilisée par les préventeurs est celle de l’INRS : au moins 1 m² par salarié, sièges compris. Ce qui est réellement obligatoire, en revanche, c’est l’équipement du local — une armoire individuelle ininflammable par salarié, fermant à clé ou à cadenas.
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Découvrir Armoire PlusCe que le code du travail impose vraiment (et ce qu’il ne dit pas)
L’obligation de base tient en une ligne : l’employeur met à disposition des travailleurs les moyens d’assurer leur hygiène personnelle, dont les vestiaires (article R4228-1).
Le détail se joue sur cinq articles, et il porte sur la nature du local, jamais sur sa surface :
- R4228-2 — les vestiaires collectifs et lavabos sont installés dans un local spécial, de surface convenable, isolé des locaux de travail et de stockage, et placé à proximité du passage des travailleurs. Si vestiaires et lavabos occupent des locaux séparés, on doit pouvoir passer de l’un à l’autre sans traverser les zones de travail ni sortir du bâtiment.
- R4228-3 — le sol et les parois doivent permettre un nettoyage efficace, et le local est maintenu en état constant de propreté.
- R4228-4 — le local est aéré et convenablement chauffé.
- R4228-5 — dans les établissements employant un personnel mixte, les installations sont séparées pour les hommes et les femmes.
- R4228-6 — le local comporte un nombre suffisant de sièges et d’armoires individuelles ininflammables.
Un assouplissement important est intervenu avec le décret n° 2016-1331 du 6 octobre 2016 : lorsque les salariés ne portent pas de vêtements de travail spécifiques, le vestiaire collectif peut être remplacé par un simple meuble de rangement sécurisé, placé à proximité du poste de travail. C’est ce qui a ouvert la voie aux casiers de bureau dans le tertiaire.
Nulle part le code ne dit combien de mètres carrés. C’est volontaire : le texte raisonne en résultat (un local décent, dimensionné pour l’effectif), pas en ratio.
Quelle surface prévoir pour un vestiaire d’entreprise ?
Puisque le règlement ne tranche pas, la référence de terrain est celle de l’INRS, qui recommande de prévoir une surface au moins égale à 1 m² par salarié, permettant l’installation de bancs.
Attention à la base de calcul : on dimensionne sur l’effectif simultané, c’est-à-dire le nombre de personnes présentes en même temps au pic de rotation — pas sur l’effectif total inscrit. Une entreprise de 90 salariés en trois équipes de 30 dimensionne pour 30, plus une marge.
Ordre de grandeur, sur la base de 1 m² par personne et d’armoires de 30 cm de large adossées :
| Effectif simultané | Surface indicative | Armoires 1 case | Linéaire mural |
|---|---|---|---|
| 10 | 10-12 m² | 10 | ~3 m |
| 25 | 25-30 m² | 25 | ~7,5 m |
| 50 | 50-60 m² | 50 | ~15 m |
| 100 | 100-120 m² | 100 | ~30 m |
Ces valeurs sont un point de départ de conception, pas un seuil réglementaire : la surface réelle dépend de la largeur d’armoire retenue, de la présence de bancs centraux et des circulations. Prévoyez une allée d’au moins 1,20 m entre deux rangées d’armoires qui se font face — il faut pouvoir s’habiller devant sa porte ouverte sans bloquer le passage.
Quand la surface manque, le levier n’est pas de tasser : c’est de passer sur des vestiaires multicases, qui superposent deux à quatre cases sur la même emprise au sol. C’est la solution standard quand les salariés n’ont pas de tenue encombrante à suspendre.
Équipement
Des vestiaires conformes, livrés montés
Armoires individuelles ininflammables avec fermeture par serrure à clé, serrure à code ou cadenas : toute la gamme est conforme à l’article R4228-6 du Code du travail.
Quelles dimensions pour les armoires ?
Le code fixe une seule contrainte de dimensionnement, à l’article R4228-6 : l’armoire doit permettre de suspendre deux vêtements de ville. En pratique, cela veut dire une penderie, pas une simple étagère.
Les formats courants du marché :
| Type | Largeur par case | Profondeur | Hauteur | Usage |
|---|---|---|---|---|
| Vestiaire 1 case | 30 à 40 cm | 50 cm | 180 cm | Tenue complète, manteau, chaussures |
| Vestiaire 2 cases | 30 cm | 50 cm | 180 cm | Effectif dense, tenue légère |
| Multicases 3 à 4 cases | 30 cm | 50 cm | 180 cm | Sacs et effets personnels, sans penderie |
La profondeur de 50 cm est le vrai critère de confort : en dessous, un manteau sur cintre frotte contre la porte et ressort froissé. La largeur de 40 cm se justifie pour les métiers à tenue volumineuse — combinaison, veste de sécurité, casque.
Personnel mixte : ce qu’impose la séparation
L’article R4228-5 est explicite : dans un établissement employant un personnel mixte, les vestiaires et lavabos sont séparés pour les hommes et pour les femmes.
Il s’agit bien d’installations distinctes, et non d’un simple rideau ou d’une zone dédiée dans un local commun. Deux locaux, ou un local cloisonné jusqu’au plafond avec deux accès indépendants. Le dimensionnement se fait alors sur chaque population séparément, ce qui pénalise mécaniquement les petites structures très déséquilibrées : un local de 4 m² reste un local.
Vêtements souillés : le compartiment obligatoire
C’est le point le plus souvent manqué en audit. L’article R4228-6 prévoit que lorsque les vêtements de travail sont susceptibles d’être souillés de matières dangereuses, salissantes ou malodorantes, l’armoire comprend un compartiment réservé à ces vêtements.
Autrement dit : dans l’industrie salissante, le BTP, l’agroalimentaire ou la maintenance, une armoire à case unique ne suffit pas. Il faut un modèle à deux compartiments séparés — tenue de ville d’un côté, tenue de travail de l’autre, avec une cloison étanche entre les deux. C’est cette séparation qui empêche le transfert de contamination vers les vêtements civils.
À ne pas confondre avec l’obligation de douches, qui relève d’un autre article (R4228-8) et vise les travaux insalubres et salissants listés par arrêté.
Le terme « ininflammable » s’entend ici au sens de la réaction au feu : l’acier constituant la structure des armoires est un matériau incombustible, classé M0 selon l’ancienne classification française et A1 selon les Euroclasses (EN 13501-1). La classification exacte de la finition thermolaquée dépend du revêtement appliqué et relève des procès-verbaux d’essais du fabricant.
Où implanter le local
Trois contraintes se combinent, toutes issues de R4228-2 : isolé des zones de travail et de stockage, proche du passage des travailleurs, et relié aux lavabos sans traverser d’espace de travail.
En clair, le vestiaire se place sur le chemin naturel entre l’entrée du personnel et les postes, jamais au fond d’un atelier ni dans un local de stockage réaménagé. Le circuit type : entrée → vestiaire → lavabos → zone de travail. Dans les activités salissantes, ce circuit se double dans l’autre sens en fin de poste, ce qui justifie souvent une implantation traversante avec deux accès.
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À lire aussi : les avantages du casier vestiaire à code — armoireplus.fr
FAQ
Le code du travail exige un local de surface convenable sans la chiffrer. L’INRS recommande au moins 1 m² par salarié présent simultanément, bancs compris.
Le seul critère réglementaire est de pouvoir y suspendre deux vêtements de ville (R4228-6). Les formats standard vont de 30 à 40 cm de large pour 50 cm de profondeur et 180 cm de haut.
Non. L’article R4228-5 impose des vestiaires séparés pour le personnel masculin et féminin dans les établissements mixtes.
Il n’y a pas de seuil d’effectif. L’obligation découle de R4228-1 dès lors qu’il y a des salariés. Depuis le décret du 6 octobre 2016, un meuble de rangement sécurisé peut suffire si aucun vêtement de travail spécifique n’est porté.
Oui. L’article R4228-4 impose que le local soit aéré et convenablement chauffé


